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Histoire de la Bulgarie

La Bulgarie se trouve au centre de la péninsule balkanique, sur un carrefour animé de cultures différentes.

           Selon les statistiques notre pays occupe l`une des premières places dans le monde par nombre de monuments archéologiques. La Bulgarie d`aujourd`hui est l`un des plus anciens foyers de la civilisation européenne. Les premières données pour l`activité humaine datent de l`époque paléolithique (l’âge de la pierre taillée). L`activité humaine et la culture suivent leur chemin immuablement au cours de toutes les époques préhistoriques. Les fouilles archéologiques de la colline de Karanovo auprès  de Nova Zagora sont parmi les plus intéressantes. On y remarque des traces du début de l`époque néolithique à la fin de l`âge de bronze  (6e   millénaire av. J.­C.­1ère moitié du 3e millénaire av. J.­C.). Les hommes préhistoriques qui peuplaient les terres bulgares d`aujourd`hui atteignent le sommet de leur culture à l`époque énéolithique (chalcolithique). Il y a une trentaine d’années, lorsque dans les terres actuelles bulgares on a découvert une civilisation beaucoup plus ancienne que celle de Mésopotamie et d`Egypte. Il s’agit de nécropole chalcolithique de Varna  datant du 5e millénaire av. J.­C. Les archéologues ont découvert les parures d’or, les plus anciennes dans le monde entier, parmi lesquelles il y a des symboles du pouvoir. Le trésor de Hotnitsa, découvert dans une colline près du village Hotnitsa (la région de Lovetch) date de la même époque. Les vestiges de la grotte de Magoura (habitée déjà au début de l`âge du bronze) et plus particulièrment les dessins magnifiques (de la fin de l`âge du bronze) sont remarquables. Ces dessins ont été dessinés à l`aide d`une aile de chauve-souris. C`est là que les hommes préhistoriques ont peint des scènes de chasse, des dances et des figures de culte.

A l `âge de bronze (3100­1200 années av. J.­ C.) la vie des hommes qui habitaient ces terres change complètement. Ce sont les anciens Thraces qui se forment comme un peuple jusqu`à la première moitié du Ie      millénaire avant J.­ C. Les Traces ne sont pas seulement les plus anciens habitants de nos terres. Les recherches scientifiques actuelles prouvent que l`ancienne Thrace est la terre de consolidation des Indo­Européens. Les plus anciens monuments des Thraces sont contemporains à la culture de l`ancienne Egypte. Les Thraces ont exercé une influence énorme sur la culture mondiale et surtout sur l’ancienne civilisation grecque. Selon Hérodote, les Thraces occupent la seconde place par leur nombre dans l’ancien monde. Homère les mentionne comme des alliés de Troie pendant le 8e siècle av. J.­C. Eschyle, Euripide, Aristophan et encore d’autres auteurs célèbres de cette époque ont décrit la vie des Thraces.

La puissante influence helléniste, dans ses formes mûres, montre la culture des Thraces en tant qu’une culture de synthèse. Le culte de Dionysos joue un rôle essentiel dans la naissance de la tragédie et de la comédie grecques. Les mythes et le culte d`Orphée (appelés orphisme), le célèbre musicien et poète thrace exercent une influence profonde sur la vie spirituelle de la civilisation antique. Orphée était probablement un roi païen de l`époque messénienne, incarnés par la mythologie en Héros (c.à.d. un homme immortel, transformé en Dieu) qui symbolise les arts, l`ancienne sagesse, la musique, la guérison, la prédiction et le pouvoir. Pareille à l`image d`Orphée s’avère celle de Zalmoxis: prêtre des Gètes qui avait vécu longtemps comme ermite, célèbre devin et guérisseur. Quelques éléments orphiques sont adoptés par le christianisme.   

L`art des Thraces est connu surtout par les tombeaux et les nécropoles qui dans certaines régions sont assez nombreuses. Le plus grand épanouissement de cet art se situe à la fin du 4e et au début du 3e siècle av. J.­C. A cette époque a été construit le célèbre tombeau de Kazanlak avec ses magnifiques peintures murales, ainsi que les tombeaux thraces dans la Vallée des rois de Thrace (dans le bassin de Kazanlak). Les trésors de Panaguiurichté, Valtchitran, Rogozen sont un bon exemple pour les succès artistiques des Thraces. Les dernières fouilles archéologiques sont faites dans: le temple monumental près du village Starossel, région de Plovdiv ( 5­4e siècle av. J.­C.), découvert en été de l`an 2000;  le tombeau à coupole près du village Alexandrovo, région de Haskovo (deuxième moitié du 4e siècle av. J.­C.); le temple auprès de Perperikon. Les expositions organisées lors des derniers trente ans en Europe occidentale et en Amérique ont affermi le prestige mondial de la culture thrace.

Les croyances des Thraces sont matérialisées sur de nombreux monuments, par exemple les carreaux de culte en pierre du Chevalier   thrace (Héros), les récipients d’or et en argent faisant partie des collections de trésors. Quelques­uns des Dieux thraces (Ares/lat. Mars, Arthémide, dont le prototype est la Grande déesse Bendida, Dionysos, Asklépius, etc.) sont adoptés par les anciens Grecs et ensuite par les Romains. Ces Dieux thraces sont connus déjà dans le monde entier, leurs noms ont un symbolisme profond relatif à la guerre, à la médecine, etc. Il faut savoir qu`il ne s`agit pas de personnages mythologiques grecs, mais des emprunts de la  religion des Thraces. Il en est de même pour le Grand fils de l`ancienne Thrace - Spartacus, qui est originaire de la région de la ville de Sandanski, située aux pieds de la montagne Pirin. Il a été vendu esclave à Rome, déjà adolescent, devenu gladiateur et ensuite dirigeant de la plus grande révolte des esclaves contre Rome dans l`Antiquité.

En 346 av. J.­C. la Thrace est envahie et devient province du Royaume macédonien. Les anciens Macédoniens sont un peuple très proche des Thraces et selon quelques savants, ils ont la même structure tribale, proche de celle des tribus thraces (les Odrisses, les Besses, les Daces). Au 5e siècle av. J.­C. La Macédoine joue un rôle important dans les guerres du Péloponnèse et le siècle suivant tient l’hégémonie dans les Balkans. Le processus de l`hellénisation des anciens Macédoniens est plus ample par rapport aux autres Thraces, malgré que les uns et les autres demeurent toujours « barbares » pour les anciens Grecs. Philippe de Macédoine transforme l`ancienne ville Pulpudeva, qui prend le nom de Philippopolis, aujourd`hui la ville de Plovdiv. L’hégémonie mondiale acquise par Alexandre le Grand (336­323 av. J.­C.) ne correspond pas aux intérêts des anciens Macédoniens, ni au « monde » thrace, en général, mais avant tout à l`oligarchie militaire et administrative des Hellènes.

A la suite de longues guerres et d’une résistance acharnée les terres thraces sont soumises à Empire romain (vers l`an 46 après J.­C.). Au 2e ­ 3e siècle nos terres sont parmi les provinces romaines les plus épanouies: Philippopolis (Plovdiv), Augusta Trayana (Stara Zagora), Serdica (Sofia), Naisus (Nich), Pautalija (Kjustendil), Durostorum (Silistra), Martianopol (Devnia), Nikopolis ad Istrum (près de Veliko Tarnovo), etc.  Les terres des Thraces attirent des immigrés du Proche Orient, ainsi que des vétérans romains. La construction de routes se développe énormément. Ceci contribue à la création d`un système de communication harmonieux (qui n`existe même dans les temps modernes). Le niveau de vie atteint le niveau de la métropole. La consolidation étatique de l`Empire romain, les apports démographiques et ethniques déterminent le rôle dominant de la langue latine (surtout au Nord de Stara Planina). Pourtant, les peuples de la Thraces et ceux qui habitaient les côtes de la mer Noire gardent leurs propres caractéristiques culturelles.

En 330 Constantin le Grand transporte le siège du gouvernement impérial de «la vielle » ville de Rome à Byzance (Contantinople / Istanboul), appelé par les bulgares Tzarigrad (ville des tzars). Cette transformation est le résultat de quelques hésitations car l’une des possibilités pour la nouvelle capitale était l`ancienne ville Serdica (Sofia, la capitale bulgare d`aujourd`hui). Après la division de l`Empire en 395 nos terres font partie de l`Empire romain d’Orient (Byzance). Parmi les hommes illustres de Byzance, ceux qui sont d`origine thrace sont nombreux, y compris quelques empereurs: Marcien, l`empereur le plus « orthodoxe » (450­457, né dans la région de Plovdiv);  Justinien le Grand (527­565), le souverain le plus remarquable de l`Empire byzantin. La population de Byzance est parmi les premiers chrétiens d’Europe. Des événements d’ordre ecclésiastique, par exemple le concile à Serdica en 343, laissent des traces profondes dans la vie religieuse du monde chrétien.

Les anciens Bulgares sont le principal composant ethnique de l`Etat bulgare médiéval. C’est un peuple d’origine indo-européenne, très développé et capable de former un Etat. Leur patrie se situe en Asie centrale, dans la région des montagnes de Pamir et d’Hindou Kouch où ils ont organisé deux grands Etats, appelés par certains auteurs Balkar et Balhara. Etant une formation très civilisée, les anciens Bulgares sont pour longtemps un peuple dominant grâce à leur culture d’Asie centrale. Ils ont un riche héritage culturel dans le domaine de la philosophie, le gouvernement d`Etat, l`organisation sociale, l`art militaire, l`écriture, la langue, l’architecture, l`astronomie. Un succès remarquable du point de vue astronomique et mathématique est l`éternel calendrier solaire des Bulgares. Du point de vue structural, celui-ci comprend un original calendrier perpétuel et un calendrier cyclique à douze ans. Les constellations dans ce chef d`oeuvre de la pensée bulgare, portent les noms des animaux. UNESCO reconnaît ce calendrier comme l`un des plus précis et parfait connus à nos jours.

    On peut chercher la présence européenne des anciens Bulgares en tant qu’organisateurs d’un Etat vers le 2e siècle. « Le livre des Khans bulgares » en témoigne:  les calculs indiquent l’avènement du légendaire souverain Avitohol de la famille Doulo en l`an 165. Cette période, peu connue de l`histoire bulgare, est relative aux Grandes Invasions, lorsque quelques communautés bulgares ont été obligées d`émigrer en Arménie (ce sont les Bulgares appelés Bulgares de Vound), en Pannonie (aujourd`hui Hongrie, où plus tard sont mentionnés en tant que Bulgares panoniens), etc. La plupart d’eux lutte contre ses grands adversaires, les Avares et les Türks, tout en restant en relations avec Byzance. La célèbre bataille entre les Bulgares et les Arméniens sur les champs des Avares au nom de la protection du Christianisme a eu lieu en 451. Les Bulgares péris dans cette bataille sont canonisés saints par l`Eglise arménienne. Au 7e siècle les Bulgares, guidés par le khan Koubrat, créent un Etat devenu puissant et connu sous le nom de l’ancienne Grande Bulgarie, allié de Byzance dans ses guerres contre les Avares et les Persans. L`empereur Héraclius accorde à Koubrat, déjà Chrétien, le prestigieux titre de « patrice » en lui offrant de nombreux cadeaux. L`une des sensations de l`archéologie contemporaine est le trésor du village Malaja Pérestchépina, aujourd`hui près de la ville de Poltava en Ukraine où le Grand souverain bulgare a été enterré. Les objets exceptionnels comme des parures d’or, un sceptre, un sabre magnifique, etc. se trouvent au musée de l`Ermitage à Saint­Pétersbourg. Ces objets sont les témoins de la puissance politique de la Grande Bulgarie et de l`autorité de son souverain.  

Après l`invasion des Khazares au milieu du 7e siècle une partie des Bulgares continue à demeurer dans leur khaganat. Ce sont les tribus de Bat­Bajan qui ont fondé au 10e siècle l`Etat des Bulgares noirs près de la mer d`Azov. Mais la plupart des Bulgares se déplacent et fondent de nouveaux Etats ­ la Bulgarie de la Volga et la Bulgarie du Danube. Ils ont essayé de fonder un autre Etat dans la région de la Macédoine d`aujourd`hui (les Bulgares de Kouber) et en Italie actuelle (les Bulgares d`Alcek). Les Bulgares de Pannonie ont eu une position autonome auprès du khaganat avare, mais une partie d`eux a été probablement partie avec Kouber vers la Macédoine. Parmi ces « nombreuses Bulgaries » la Bulgarie de khan Asparouh et la Bulgarie de la Volga, fondée par le khan Kotrag (aujourd`hui République autonome de Tatarstan au sein de la Fédération de la Russie) se développent au cours des siècles. Les deux grands Etats bulgares médiévaux se trouvent loin l`un de l`autre ­ à plus de mille kilomètres de distance. La Bulgarie du Danube devient chrétienne et ainsi, la troisième puissance culturelle de l`Europe médiévale. Au cours du 10e siècle on introduit l`islam comme religion officielle en Bulgarie de la Volga. Les Bulgares de la Volga ont souvent fait la guerre avec les peuples nomades et les principautés russes. Malgré cela, ils se révèlent en tant que fondateurs d’une civilisation islamique remarquable. Après une résistance acharnée (13e siècle) ils ont été obligés à se soumettre à la « Horde dorée » des Tartares-Mongols. Leur Etat est définitivement anéanti par le tzar russe Jean le Terrible au milieu du 16e siècle. Les ruines de leur capitale Grand Bolgar sont impressionnantes. Les Bulgares de la Volga sont soumis à une pression assimilatrice par l`Empire russe. Il en est de même après la révolution de 1917 ­ lorsqu`on leur impose le faux nom ethnique de « Tartares ». Dans la République actuelle de Tatarstan existe un mouvement d’intellectuels ayant pour objectif la restitution de leur nom de « Bulgares »  et du nom original de leur pays ´´Bulgaristan´´.

    L’Etat bulgare des Balkans est dirigé par le khan Asparouh (680­700). Il unit les anciens Bulgares, les descendants des anciens Thraces et les tribus slaves du groupe bulgare qui s’y sont installés aux 6e ­ 7e siècles. Des tribus qui habitaient la Mésie, la Thrace, la Macédoine et en partie les terres actuelles de la Grèce, Albanie, Serbie (Kossovo inclus) et Roumanie font partie de cet Etat. L`ambition de Byzance est de soumettre ces tribus, mais on se heurte à un puissant obstacle ­ l`Etat créé par le khan Asparouh. Ainsi, après le triomphe de l`armée byzantine à côté du delta danubien en 681, la Bulgarie du Danube (la Bulgarie d`aujourd`hui) est créée - sur le carrefour de l`Asie et de l`Afrique. Pliska est sa première capitale. Le territoire de l’Etat comprend les régions de la Mésie et de la Dobroudja actuelle, ainsi que des vastes territoires au Nord du Danube. Grâce à sa tolérance ethnique, la Bulgarie devient un centre attirant pour les Slaves d’ailleurs, qui petit à petit se bulgarisent. Vers 700 Asparouh périt au Nord-est dans une guerre contre les Khazares. Les archéologues ont découvert sa tombe près du village de Voznéssenka (aujourd`hui en Ukraine).  La tradition transforme le Khan­fondateur en héros épique qui a bâti de « Grandes villes » et des levées de terre « entre le Danube et la mer »  pour la défense de son peuple.

Toujours vers 680, son frère, le khan Kouber crée la Bulgarie de Vardar en Macédoine d’aujourd’hui. Après avoir fait des révoltes contre les Avares, le khan Kouber s`installe dans la région de la ville de Bitolja. Les forces de Kouber ne sont pas assez grandes, il reconnaît la suprématie   de Byzance et se fait des relations avec les Slaves de la région.

Le khan Tervel (700­721) réussit à arrêter l`invasion arabe et en 718 sauve Byzance – la capitale du monde chrétien - et l`Europe, en général. Le khan Tervel prète son aide à l’empereur Justinien II pour restituer son pouvoir (705) et en cette occasion il reçoit le titre byzantin de « César » - un titre qui dérive du nom du grand empereur Jules César ­ et représente un cas unique dans l`histoire de Byzance et de l`Europe médiévale. Le khan Kroum (802­814) fait une nouvelle législation. En 811 Byzance attaque les Bulgares et met en feu la capitale Pliska. Les armées de Kroum ne tardent pas à rendre le coup: l`armée byzantine est vaincue dans un défilé du Balkan. L`empereur Nicéphore Ier périt dans cette bataille. L’histoire ne connaissait pas d’autre empereur péri sur le champ de bataille depuis l`époque de l`empereur Valens (378). Byzance  cherche à s’unir avec Charlemagne. A cet effet, elle s’oblige à lui reconnaître le titre d’ »empereur ». Sous le règne d`Omourtag (815­831), la culture païenne bulgare atteint son apogée, et dans le sens politique les frontières de l`Etat touchent le Danube central et la Tissa (aujourd`hui en Hongrie), ainsi que le Dnèpre (aujourd`hui en Ukraine). Les réformes administratives de Kroum s`imposent et se développent. Chez Préssian (836­852) les territoires bulgares s’étendent vers la mer Egée et l`Albanie d`aujourd`hui. La Bulgarie devient la troisième « Grande force » en Europe médiévale après Byzance et l`Empire des Francs.

            Presque deux siècles après la fondation de l`Etat bulgare, le khan Boris I­er (852­889) après de longs pourparlers diplomatiques convertit le peuple bulgare dans la foi chrétienne. Il prend le nom de Michel et bâtit les premières églises et monastères bulgares. L`Eglise bulgare le canonise et pour l`histoire il reste toujours le roi Saint Boris­Michel. Un fait important sur le plan historique et culturel: la création de l`alphabet bulgaro­slave par les frères saints Cyrille et Méthode. Le Vatican d’aujourd’hui les a proclamés protecteurs de l`Europe chrétienne. Grâce à l’orthodoxie leur alphabet est adopté aussi par d`autres peuples. A nos jours, cet alphabet est utilisé aussi en Macédoine, Russie, Ukraine, Biélorussie, Yougoslavie et en Mongolie. Ce système graphique a été utilisé à l’époque dans les principautés danubiennes (Valachie et Moldavie), en Lituanie, etc.

Le roi Siméon le Grand (893­927), fils du roi Boris­Michel, continue la politique de son père. D’abord, il fait des études brillantes à Constantinople; il possède un talent d`écrivain et des qualités exceptionnelles d`homme d`Etat. Il organise la traduction de plusieurs livres chrétiens du grec en bulgare, il protège les écoles de Pliska­Preslav et d`Ohrida et lui-même a des activités littéraires. Siméon le Grand  déplace la capitale à Véliki Preslav et élargie le territoire bulgare qui touche à trois mers ­ la mer Noire, Egée et Adriatique. Connaisseur approfondi de la culture antique grecque et byzantine, il transforme le pays bulgare en une force puissante qui acquiert une gloire mondiale. Son règne a mérité l’appellation du « Siècle d`or ».

    Dans sa majorité le peuple bulgare est fidèle à « l’ancienne religion orthodoxe embrassée par ses ancêtres ». En même temps, la société bulgare hétérogène n`est pas « stérile ». Elle est ouverte aux différents phénomènes et processus intellectuels. A l`époque du roi Pierre (927­969) est née « l`hérésie bulgare » ­ le bogomilisme. D’une part, son apparition est due à l`influence des anciennes doctrines dualistes, et d’autre part, à la possibilité de lire et d’expliquer l`Evangile de sa propre manière. Le fondateur de l`hérésie bogomile est le pope Bogomile. Le bogomilisme a un caractère original ­ un dualisme modéré, ainsi qu`un ascétisme prononcé. Les Bogomiles considèrent la vie terrestre, pleine d`injustice, comme œuvre du Diable (à la différence du « Royaume céleste » créé par Dieu). Leurs idées dépassent les frontières de la Bulgarie. Ils exercent une influence considérable sur le monde chrétien.  Les Albigeois et les Cathares en France, les Patarins en Italie, les hérétiques Bosniens (dont leurs descendants sont aujourd`hui les musulmans de Bosnie), les ``strigolnitzi`` en Russie et les hétérodoxes en Serbie, Croatie, Hongrie et même en Angleterre considèrent les Bogomiles comme leurs pères spirituels. Les rebelles religieux en France sont fiers d`être ``bugri``(``bulgares``en religion) en soulignant leur liaison avec leurs plus grands frères bulgares. Ces idées que l`église catholique poursuit à feu et à sang, trouvent un bon canevas dans la Réforme et le protestantisme en Occident.

    Malgré les difficultés du roi Pierre, le Royaume bulgare conserve sa politique puissante. Les intrigues de Byzance provoquent l`agression du souverain de la Russie de Kiev ­ Svetoslav. L`occupation des Normands et des Russes mène à une aide fictive de la part de Byzance. La conséquence est un coup violent: en repoussant Svetoslav, l`empereur Jean Tzimiscès (971) occupe les territoires bulgares orientaux, y compris la capitale de Véliki Preslav. Les terres occidentales, dont le cœur est la Macédoine d`aujourd`hui, gardent leur liberté. A cette époque le roi Samuel (997­1014) déplace le centre de l`Etat à Ohrida. ´´L`épopée bulgare´´ dans la lutte contre Byzance est marquée par de brillantes victoires, y compris la libération de l`ancienne capitale de Preslav, mais aussi par de lourdes pertes. En 1014, à suite à la défaite des troupes de Samuel, l`empereur byzantin Basile II (appelé « Bulgaroctone ») capture 15 000 soldats bulgares. Il ordonne qu`on leur crève les yeux et qu`il y en ait un seul parmi tous les 100 avec un œil pour les guider. Ainsi, la première période de l`histoire de la Bulgarie du Danube se termine par de tels évènements barbares (1018). La Bulgarie subira le pouvoir byzantin pour une longue période - presque 170 ans.

    Après plusieurs grandes et petites révoltes au cours de la période 1186 ­ 1188 les Bulgares de Mésie, guidés par les frères Péter et Assen gagnent l’indépendance de leur patrie. La capitale de la Bulgarie devient la ville de Véliko Tarnovo. Les règnes des souverains bulgares - stratèges et diplomates exceptionnels ­ tzar Kalojean (1197­1207) et tzar Jean Assène IIe (1218­1241) s’avèrent fructueux pour la Bulgarie. A la suite de quelques manœuvres éblouissantes et de guerres qui se terminent avec des traités de paix, ils élargissent les territoires de la Bulgarie en apportant une paix durable et la prospérité. En 1204 Kalojean emporte la victoire sur les Croisés qui se disaient invincibles et ainsi, il devient le premier souverain de l`Orient qui les a vaincus. L`expansion territoriale de Jean Assène rappelle celle de Siméon le Grand. Au cours des décennies qui suivent, le Royaume bulgare souffre de l’hégémonie des Tartares (Mongoles) et il est perturbé de crises politiques, y compris la grande révolte du paysan Ivajlo, devenu tzar. ``Le déclin d’or`` de la Bulgarie médiévale se situe à l’époque de Jean Alexandre (1331­1371). Le goût pour les arts et des lettres rappelle le processus de la Renaissance. Mais les jours du Royaume bulgare libre sont limités parce que les invasions des Turcs musulmans approchent le Sud­Est. En 1393 ``la ville du tzar``, c.à.d. Véliko Tarnovo`` est pris par les envahisseurs turcs, et en 1396 tombent les dernières terres bulgares libres.

            L`école littéraire bulgare de Véliko Tarnovo joue un rôle prépondérant dans le monde orthodoxe, et surtout à l’époque du grand écrivain – le Patriarche Euthyme (1375­1394). Son influence est très importante en Russie qui commence à se former comme une nouvelle force orthodoxe. Les pères spirituels qui sont en tête des églises en Russie, Lituanie, Moldavie, Valachie, Serbie sont des Bulgares (fin 14e – début du 15e s.) : Saint Cyprien de Moscou (en Russie), Saint Ephrem de Serbie, Saint Nicomède de Tismana (en Valachie). Ils sont respectés comme des Saints nationaux par ces peuples. Grégoire de Tzamblak – homme de lettres et ecclésiastique - représente quelques littératures nationales de cette époque là: la littérature bulgare, serbe, moldave, russe et byzantine.

La plus triste période de l`histoire bulgare dure quelques siècles. L’Empire ottoman mène une politique de discrimination de la population chrétienne, y compris des Bulgares. Il y a aussi des tentatives d`assimilation nationale. A la suite des invasions  ottomanes on commence à bâtir des mosquées, l`écriture arabe devient officielle pour les documents administratifs et religieux, des églises chrétiennes sont détruites ou transformées en mosquées. Des Turcs militaires s’installent dans les territoires de la Bulgarie d`aujourd`hui. L’ »l`impôt du sang » est très pénible: on prenait des garçons de leurs familles, on les emmenait en Asie Mineure où ils étaient obligés d’embrasser l’islam et de devenir janissaires. Ces soldats oubliaient leurs parents et n’avaient plus de mémoire de famille et de patrie. Les janissaires et les troupes de volontaires, appelées « bachibozouk » sont les plus cruels maîtres de la situation en Bulgarie.

Plusieurs révoltes et insurrections prouvent que l`esprit des Bulgares est vivant et cherche sa liberté et son indépendance. Y sont registrés trois grands soulèvements pour seul 17e s. (1686­1689): la Deuxième insurrection de Tarnovo (la date de la première est en 1598), l’insurrection de Tchiprovatz et de Karpoche (en Macédoine du Nord). Au cours des siècles de la domination turque, le feu du mouvement  des rebelles (haïdouks) reste toujours allumé ­ dans les terres entre le Danube jusqu`à la mer Egée et les montagnes d`Albanie d`aujourd`hui, rôdent des troupes armées, qui se vengent des abus et des violences du pouvoir. Ce mouvement militaire et politique contribue à la naissance du mouvement organisé pour la libération de la Bulgarie.

    Vers le milieu du 18e siècle commence l’Eveil national bulgare. La lutte pour une Eglise indépendante, pour la liberté religieuse, l’impression de livres, et puis des périodiques en langue bulgare, l`ouverture des écoles bulgares laïques, ainsi que la possibilité de rendre officielles la langue et la culture bulgares sont les premiers pas vers l’éveil de la nation. La rédaction et la propagation du manuscrit de l’ Histoire « slavianobalgarskaja » (1762) par le moine Paissij de Hilendar est le point de repère. Des foyers de culture (bibliothèques publiques, différents clubs culturels) - qui deviennent traditionnels pour la Bulgarie - conservent l`esprit national. Ils donnent accès aux jeunes bulgares à la littérature et aux idées européennes qui contribuent à la formation de leur conscience nationale. Vers le milieu du 19e s. le mouvement national pour une Eglise indépendante se transforme en mouvement civil. Cette transformation révèle un mouvement d’émancipation nationale qui oblige la Porte Sublime de reconnaître la nation bulgare. Ainsi, les Bulgares s`imposent d`une manière démocratique à la Patriarchie oecuménique d’Istanbul. Celle-ci s`avère un promoteur des tendances assimilatrices des Grecs, dont le but était l`assimilation spirituelle des Bulgares. Le point culminant de ces activités intenses se situe à Pâques en 1860 (les « Pâques bulgares »), lorsque les Bulgares soulèvent bravement leur voix pour la défense de leurs droits religieux et humains.

Lors des guerres entre la Russie et la Turquie aux 18e –19e s. se forme le mythe du «grand-père Ivan » ­ le noble russe du Nord qui viendra libérer ses frères chrétiens des Balkans. Cet espoir est nourri aussi par les intérêts de la Russie d`avoir une influence sur les Balkans et le Bosphore. Malheureusement ces guerres ne sont pas encore libératrices pour la Bulgarie, mais permettent à quelques-uns d`émigrer au Nord -  dans les Principautés Danubiennes et en Bessarabie, alors faisant partie de l`Empire Russe. Des milliers de Bulgares habitent toujours dans les régions sud de Moldavie et d`Ukraine. Ils ont conservé leur langue et leurs coutumes.

        Des volontaires bulgares prennent part aux guerres russo-turques et surtout à la guerre de Crimée (1853­1856). Ceci inspire l’idée aux Russes (contrairement à leur politique en Serbie et en Grèce) d`organiser et de planifier la libération de la Bulgarie du pouvoir ottoman. Les conditions balkaniques ne sont pas favorables pour les Bulgares qui habitent auprès des grands centres impériaux, dont les terres sont une base de ravitaillement essentielle pour l’armée ottomane et pour sa bureaucratie. La Valachie et la Moldavie (unifiées en Roumanie, 1859), la Serbie et la Grèce se libèrent du pouvoir ottoman plus facilement grâce à leurs données géopolitiques. Mais les Bulgares ne se découragent pas, parce qu`ils doivent mener une guerre non seulement contre l`Empire ottoman en décadence, mais aussi contre les intérêts de leurs voisins. En 1862 Guéorgui Rakovski, idéologue de la révolution nationale bulgare, crée la Première légion bulgare à Belgrade, où de jeunes hommes suivent des études militaires, avec le seul but d`organiser la future révolution. Plusieurs émigrés bulgares reçoivent une formation militaire solide derrière les frontières de leur pays natal, encore d`autres sont déjà célèbres dans le cadre de l`Empire ottoman, et cherchent des moyens diplomatiques d`atteindre l`indépendance nationale bulgare. En 1869 à Bucarest est créé un Comité central révolutionnaire bulgare (dont le président est l`écrivain Ljouben Karavelov) qui dirige l’organisation de la révolution du territoire de la Roumanie. La figure de Vassil Levski (1837­1873), appelé par les Bulgares Djakona (c.à.d. le moine) ou l`Apôtre, s`avère la principale. Cet homme qui jette les habits du moine, réussit d`organiser un réseau solide de comités révolutionnaires sur place, réunis en Comité central révolutionnaire avec un centre à la ville de Lovetch. Poursuivi pendant des années par la police ottomane, le génial conspirateur est arrêté, jugé, et pendu à Sofia sans révéler les noms de ses compagnons de lutte. A nos jours, Levski est considéré toujours comme un Saint national et comme la plus grande victime dans l’histoire millénaire bulgare. L`insurrection d`Avril (1876) est un moment décisif dans le mouvement national pour la libération des Bulgares. Dans cette insurrection étant la plus active en Thrace (où son leader est Guéorgui Benkovski) tombent des milliers de victimes innocentes. Des milliers de révolutionnaires, parmi lesquels se dégage la personne du génial poète national Christo Botev sacrifie leur vie à la libération bulgare.

L`insurrection d`Avril est étouffé et noyé dans le sang. Cet évènement provoque un grand problème, celui de «la question bulgare » qui est posée devant la communauté internationale démocratique. Une vague de protestations, meetings, actions d`aides financières couvrent toute l`Europe, la Russie et même les pays lointains comme l’Angleterre et l’Irlande. « Les horreurs bulgares » sont racontées avec émotion par le journaliste américain MacGahan sur les premières pages de la presse européenne et internationale. «On doit mettre fin aux empires qui tuent! » ­ écrit le grand écrivain français Victor Hugo. De grands hommes politiques comme William Gladstone et Otto von Bismarck se déclarent favorables à la liberté des Bulgares. Des célèbres intellectuels européens comme Darwin, Mendéléev, Dostoïevski, Tolstoï, Tourguénev, Garibaldi et encore  d`autres expriment leur soutien pour la cause bulgare.

« Les Grandes puissances » n’ignorent plus la cause bulgare, sous estimée au cours de dizaines d`années. En 1875 à Istanbul a lieu une conférence, dont les vaines décisions d’ordre diplomatique sont relatives  à l’autonomie de la Bulgarie dans ses frontières ethniques (séparée en deux parties – de l`Est et de l`Ouest - avec des capitales respectives, Véliko Tarnovo et Sofia). En 1877 Alexandre II, empereur de la Russie déclare la guerre à la Turquie. Y participent des Russes et des Ukrainiens, ainsi que des Finlandais, des Polonais, des Roumains et des troupes de volontaires bulgares. Après des batailles épiques et difficiles au cours d`une année, surtout dans le passage montagnard de Chipka et près de Pléven, la Turquie est obligée de capituler et de conclure un traité de paix devant les murs d`Istanbul. Ainsi, le 3 mars 1878, la Bulgarie gagne son indépendance, et son territoire devrait comprendre toutes les terres réellement bulgares (la Mésie, la Thrace et la Macédoine), dont les caractéristiques ethniques et culturelles déterminent l`élément bulgare dominant.

En juillet 1878 les Grandes puissances  révisent le Traité de paix de San Stéfano. Le résultat du Congrès de Berlin est un nouveau traité d’après lequel le peuple bulgare est séparé.  La Principauté de Bulgarie se situe au Nord de Stara planina (en  Mésie). Y est inclue la région de Sofia. La Roumélie orientale (en Thrace) devient une province autonome de la Turquie avec un centre – la ville de Plovdiv. La Macédoine et la Thrace d`Andrinople demeurent sous le pouvoir ottoman. Dans les régions bulgares qui restent sous l`autorité ottomane, surtout en Macédoine commence une lutte épique pour la liberté. On suit les traditions de l`Apôtre Levski. Le résultat de ses luttes est l`insurrection qui éclate à la fête de Sait- Elie en 1903.

    Malgré l`amertume de l`injuste Traité de Berlin les Bulgares commencent à s’occuper de la reconstruction de leur pays. Les séances de la Première Grande Assemblée Nationale ont lieu à Veliko Tarnovo - la vieille capitale bulgare. Une Constitution, appelé Constitution de Tarnovo est créée d’après les modèles européens. La Bulgarie devient une monarchie constitutionnelle avec un parlement fort et une juridiction moderne. Alexandre de Battenberg (1879­1886) est le premier prince de la Bulgarie libre. En 1885 la Roumélie orientale est annexée à la Bulgarie. L’unification du pays est réalisée contre la volonté de toutes les Grandes puissances. Dans la guerre entre la Serbie et la Bulgarie (1885) les Bulgares défendent leur droit d`être unifiés sur un territoire uni. Sous le gouvernement du Premier ministre Stéfan Stambolov (1887­-1894) ­ un homme d`Etat remarquable, nommé le Bismarck bulgare, la Bulgarie atteint le prestige international d`un pays européen. Sous le règne du prince (et plus tard roi) Ferdinand de Saxe­Cobourg (1887-­1918) le rôle du monarque se renforce pour des raisons objectives et subjectives. Le système parlementaire a déjà des traditions solides. En 1908 la suzeraineté ottomane est rejetée et Bulgarie devient indépendante. En 1912-­1913 la Bulgarie est la colonne vertébrale des pays balkaniques, réunis contre l`Empire ottoman pour la libération des ``frères­esclaves`` en Macédoine. Le soldat bulgare fait des miracles de courage: pour la première fois des Bulgares utilisent l`avion pour une cause militaire et introduisent de nouvelles méthodes dans l`artillerie, etc. L`enthousiasme du peuple est brûlé par la politique égoïste des alliés serbes et grecs, du coup sur le dos de la part des Roumains, facilités par les erreurs de la diplomatie bulgare. Pendant la Première guerre mondiale, la Bulgarie n`a pas de choix à cause de l`unification non effectuée et supporte une catastrophe avec l`Allemagne et les autres pays vaincus. L’héroïsme de l`armée bulgare reste en vain après l`échec de toutes les tentatives de libérer la Macédoine et de l`annexer au royaume bulgare. La catastrophe nationale s`approfondit en 1919, après la signature du traité de paix dans la banlieue parisienne de Neuilly.

    Sous le règne du roi Boris III (1918-1943), la Bulgarie a un territoire fortement découpé. Elle est secouée de cataclysmes sociaux et d`une lutte politique à l`intérieur du pays. Malgré cela, tous les domaines de l`économie nationale n’ont pas cessé à se moderniser, les recherches scientifiques suivent une bonne voie. Il en est de même pour l`éducation et les arts. Alexandre Stambolijski (1919­1923) est l`un des Premiers ministres de la période d’entre les deux guerres: idéologue et leader de l`Union populaire agricole bulgare, qui fait de braves réformes, mais aussi de graves erreurs politiques et diplomatiques. La situation politique devient encore plus difficile après l`insurrection de septembre 1923, et deux ans plus tard après l`attentat à l`église « Sainte Dimanche » à Sofia. Quelques milieux de la droite en profitent et le ministère du public commence des poursuites. Malgré toutes les démarches extrêmes, le peuple bulgare continue d`être fidèle à la constitution de Tarnovo, il respecte la démocratie et envisage une vie sociale beaucoup plus juste.

Le nom du roi Boris III est lié au sauvetage, sans précédent, des Juifs bulgares qui n`ont pas été envoyés dans les camps de concentrations pendant la Deuxième guerre mondiale. Sous la pression des forces démocratiques, de l`Eglise bulgare orthodoxe et des  intellectuels de renom, 50 000 Juifs ne quittent pas leur patrie sur les échelons de la mort. La Bulgarie n`expédie pas de troupes en faveur de l`Allemagne et d`Hitler au front de l`Est. L`armée bulgare participe à la dernière phase de la guerre du côté de l`Union soviétique et de ses alliés. Malheureusement en 1947, au cours de la Conférence de paix à Paris, les droits historiques et ethniques des Bulgares n`ont pas été respectés de nouveau, et la Macédoine est annexée en Yougoslavie. Dans ces anciennes régions bulgares commence une pression brutale dans le but de créer une nation et une langue macédoniennes. Malgré cela, l`Etat bulgare, ayant l`expérience historique des siècles, marquée de souffrances inouïes, a été le premier dans le monde entier à reconnaître la République de Macédoine d`aujourd`hui (1991). On continue à aider cette nouvelle république, malgré les réalités difficiles sur les Balkans à la fin du 20e - début du 21e s.

Après l’occupation soviétique de la Bulgarie l`organisation démocratique semble reconstituée (9 septembre 1944), mais on met seul le Parti communiste à diriger le pays. Guéorgui Dimitrov est connu comme « le vainqueur au procès du 20e siècle » à Leipzig, monté par les nazis contre trois Bulgares, accusés d`avoir mis en feu le Reichstag à Berlin. Il rentre de Moscou en 1945 et en 1946 est nommé Premier ministre et dirigeant du Parti communiste en Bulgarie. Lorsque Valko Tchervenkov est à la tête du Parti et de l`Etat (1950­-1956), « le culte de la personnalité »  est définitivement imposé. L`Etat et le parti sont liés au cours d’une longue période du gouvernement de Todor Zivkov (1956­-1989). Les années 70 se caractérisent d’une stabilisation économique et modernisation de l`industrie.

En novembre 1989, la  démocratie bulgare est en train de renaître. Dans les conditions d`une démocratie parlementaire qui fonctionne réellement, la Bulgarie choisit ses leaders ­ les présidents de la République Jelijo Jelev, Peter Stoyanov et Guéorgui Parvanov, ainsi que les Premiers ministres Andrej Loukanov, Dimitar Popov, Philippe Dimitrov, Ljuben Berov, Jean Vidénov, Ivan Kostov. A partir de l`année 2001, le Premier ministre de la République de Bulgarie est Siméon de Saxe­Cobourg, fils du roi Boris III. On travaille pour l’intégration du pays à la grande famille européenne, tout en suivant le modèle de tolérance ethnique qui a pour base des valeurs traditionnelles et démocratiques bulgares. La Bulgarie d`aujourd`hui est un facteur pour la stabilité balkanique et européenne, malgré la période difficile de transition économique et sociale.

Dans les veines du peuple bulgare, coule un sang ancien et fort des Bulgares et des Slaves qui au 7e siècle s’installent dans les Balkans.  Leur terre est transformée en important centre de civilisation européenne.  A leur fleuve humain s’ajoutent des Thraces et encore d’autres anciens habitants de la Mésie, de la Thrace et de la Macédoine. Ainsi est né l`un des plus anciens et énergiques peuples d’Europe, d’un esprit plein de feu. Ce sont les Bulgares. C’est un peuple - créateur de remarquables traditions étatiques et culturelles, qui apprend et apprécie les succès des cultures anciennes et modernes et qui envoie de puissantes impulsions civilisatrices envers d`autres peuples, particulièrement de l`Europe orthodoxe. Ce peuple qui a donné à l`Europe et aux Slaves les Saints Cyrille et Méthode, l`incomparable rebelle pope Bogomil, le grand musicien saint Joan Koukouzel et des remarquables homme de lettres: Saint Clément d’Ohrida, Saint Jean l’Exarque, Saint Euthyme de Tarnovo; ainsi qu`une pléiade de pères spirituels des autres peuples orthodoxes: Saint Michel  «Le Bulgare» ­ le premier métropolite de Russie à Kiev à la fin du 10e  siècle, Saint Cyprien, métropolite de Kiev et de Moscou, et son successeur en Lituanie Grégoire de Tzamblak, Saint Ephrem de Serbie, Saint Nicomède de Tismana. Ce sont des Bulgares qui ont laissé une empreinte remarquable sur le développement des peuples: russe, ukrainien, biélorusse, serbe, roumain, moldave, etc.

Enfin, l`esprit créatif du bulgare ­ en Bulgarie et à l`étranger ­ ne s’éteint pas ni au cours du long pouvoir ottoman de cinq siècles, ni pendant les derniers cent ans marqués par des catastrophes nationales et par des difficiles orientations politiques et sociales et des pertes territoriales.

Mais l`esprit constructif du bulgare survit aux régimes, guerres, repressions et aux rivières du sang coulé. Il a donné au monde même la plus remarquable découverte moderne ­ l`ordinateur – inventé par John Atanassov, dont le père a survivé par miracle en 1876, pendant les jours sanglants de l`insurrection d`Avril. Nous voudrions rappeler les noms d’ Assen Jordanov, le constructeur de l`avion ``Boing``, de Ivan (John) Notchev, sous la direction duquel (strictement secrète), l`homme a mis pour la première fois le pied sur la Lune. Il ne faut pas oublier à mentionner aussi les grands noms de l`opéra, tel que Boris Christov et Nikolaï Gujaourov, Géna Dimitrova et Rajna Kabaïvanska. Il en est de même pour « les mystères des voix bulgares » qui ont charmé plusieurs ``stars`` du rock dans le monde entier, ainsi que les célèbres peintres bulgares, parmi lesquels se distingue Christo (Hristo Javachev), la légende de l`art moderne…

Ces réflexions ne sont pas un essai grossier de «se faire publicité », ni le fruit d`un accommodement national romantique. Nous sommes conscients de tout ce que nous  avons pu réaliser. La vérité de ces faits nous oblige devant la jeune génération.   

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